Kamis, 03 Desember 2015

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Le Choc des civilisations [Format Kindle]

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Description


Un pavé dans la mare. Les propos de Samuel Huntington ont souvent été controversés, critiqués : il est vrai que son interprétation de l'évolution de la politique mondiale et des relations internationales est percutante. Les chocs entre civilisations représentent la principale menace pour la paix dans le monde, mais ils sont aussi, au sein d'un ordre international désormais fondé sur les civilisations, le garde-fou le plus sûr contre une guerre mondiale. D'après l'auteur, la géopolitique mondiale ne se lit plus dans l'opposition idéologique - comme ce fut le cas entre les deux blocs de la guerre froide -, mais dans des conflits et des oppositions entre grandes civilisations, regroupées par affinités culturelles. Les mots peuvent choquer : l'auteur questionne le possible déclin de l'Occident face à la montée en puissance économique et démographique des pays d'Asie (Chine et Inde) et face à l'islam. Mais le raisonnement se fait plus profond, plus convaincant : la mondialisation n'entraîne pas une uniformisation des civilisations, mais renforce des pôles majeurs, suscite des nouvelles concurrences, alliances et oppositions. Il propose à un public averti un cadre général à la compréhension de la politique globale à l'aube du XXIe siècle. --Mattieu Reno

Avis des clients


4 étoiles sur 5 Un ouvrage tout aussi dénaturé par ses partisans que par ses détracteurs
Semper Victor

Considérant que l'on a tellement parlé de ce livre que l'on a finit par oublier de le lire, je me suis lancé dans les 500 pages de son édition en poche (Odile Jacob). Écrit il y a 14 ans déjà, « Le choc des civilisations » est un livre capital pour comprendre le début du XXIe siècle, car il a profondément influé - c'est indéniable - la nature des relations internationales depuis la fin de la guerre froide, tant par l'adhésion parfois caricaturale qu'il a généré chez certains ou le rejet parfois lui aussi teinté d'incompréhension qu'il a provoqué ailleurs. Quoi que l'on en pense (du bien ou du mal), le livre d'Huntington est un ouvrage important pour appréhender notre monde.Je retiens par exemple (page 18) : « Les Occidentaux doivent admettre que leur civilisation est unique mais pas universelle et s'unir pour lui redonner vigueur contre les défis posés par les sociétés non occidentales. Nous éviterons une guerre généralisée entre civilisations si, dans le monde entier, les chefs politiques admettent que la politique globale est devenue multicivilisationelle et coopèrent à préserver cet état de fait ».Ou encore page 61, sur l'apogée de l'Occident : « L'Occident a vaincu le monde non parce que ses idées, ses valeurs, sa religion étaient les supérieures (rares ont été les membres d'autres civilisations à se convertir) mais plutôt par sa supériorité à organiser la violence organisée. Les Occidentaux l'oublient souvent, mais les non-Occidentaux jamais. En 1910 le monde était bien plus unifié politiquement et économiquement qu'à n'importe quel autre moment dans l'histoire de l'Humanité ».Le chapitre sur les langues m'a passionné, notamment la réfutation des arguments faisant de l'anglais une langue mondiale : « En ce sens l'anglais est le mode de communication interculturel mondial, comme le calendrier chrétien est le mode mondial de découpage du temps, les chiffres arabes le mode mondial de numérotation et le système métrique, en grande partie, le mode mondial de mesure. Cependant on utilise l'anglais comme mode de communication interculturel. Le présuppose donc des cultures distinctes. C'est un outil de communication, pas un vecteur d'identité, ni un lien communautaire. Le fait qu'un banquier japonais et un homme d'affaire indonésien se parlent en anglais n'implique pas qu'ils soient anglicisés ou occidentalisés. De même pour les Suisses germanophones et francophones : ils communiquent entre eux aussi bien en anglais que dans l'une ou l'autre de leurs langues nationales » (page 77).Ou (page 141) : « En ce sens, le renouveau des religions non-occidentales est la manifestation la plus puissante de l'anti-occidentalisme dans les sociétés non occidentales. Ce renouveau n'est pas un rejet de la modernité ; c'est un rejet de l'Occident et de la culture laïque, relativiste, dégénérée qui est associée à l'Occident (...) C'est une déclaration d'indépendance culturelle vis à vis de l'Occident, une affirmation fière : nous serons modernes, mais nous ne serons pas vous ! ».En en guise de conclusion (page 480) : « Le multiculturalisme menace de l'intérieur les États-Unis et l'Occident ; l'universalisme menace l'Occident et le monde. Ces deux tendances nient chacune le caractère unique de la culture occidentale. Les monoculturalistes veulent que le monde soit comme l'Amérique. Les multiculturalistes veulent que l'Amérique soit comme le monde. Une Amérique multiculturelle est impossible parce qu'une Amérique non occidentale ne peut-être américaine. Un mode multiculturel est inévitable parce qu'un empire mondial est impossible. La sauvegarde des États-Unis et de l'Occident doit passer par le renouveau de l'identité occidentale. La sécurité du monde ne se conçoit pas sans l'acceptation de la pluralité des cultures ».Au bout du compte, le livre d'Huntington, qui trouve dans la « Grammaire des Civilisations » de notre Braudel pas mal de son « carburant » est un livre passionnant et pose les bonnes questions. Il a malheureusement été autant dénaturé dans ses transpositions politiques par ses détracteurs que par ses partisans. Lire la suite ›

5 étoiles sur 5 Le déclin de l'occident
Jean-paul Lacharme

L'ouvrage de Samuel Huntington (1927-2008), publié en 1996, n'a connu de succès auprès du grand public qu'après le 11 septembre 2001, lorsque les thuriféraires de l'administration Bush l'annexèrent à leur propagande pour justifier leurs guerres criminelles. En fait, à le lire, on peut vérifier que l'ouvrage souvent nuancé ne mérite pas ce parrainage sulfureux. L'idée maitresse et originale développée par l'auteur est bâtie autour de l'importance du concept de civilisation comme facteur essentiel de distinction des blocs géopolitiques et ces civilisations seraient portées grosso modo par les grandes religions. On peut trouver la démonstration insuffisante, mais son développement n'en est pas moins intéressant. A l'examiner de près, elle est peut-être vraie en moyenne bien qu'on puisse trouver une multitude de cas particuliers qui l'invalident. Peu importe ! Ce sont là des sciences sociales, pas de la physique.Pour faire vite, trois axes émergent plus particulièrement de ce gros livre (548 pages) : l'émergence de la Chine, celle de l'Islam, et le déclin de l'occident qui renvoie à des auteurs plus anciens (Toynbee, Spengler), mais de façon plus concrète. Les conflits récents de la fin du XXème siècle sont particulièrement bien analysés au travers d'une grille de concepts élaborés par l'auteur : notions de centre dominant, d'État-phare, et d'échelon d'influence (p.411). Les lecteurs pressés sauteront directement au chapitre XII de conclusion : l'auteur y explique sans ambigüité que la croyance occidentale en la vocation universelle de sa culture est fausse, immorale et dangereuse et que tout État-phare doit s'abstenir d'intervenir dans les conflits survenant dans une civilisation autre que la leur. Entre autre.Il y a cependant quelques manques. Parmi ceux-ci, quelques questions importantes : que serait l'Occident sans le christianisme ? (voyez une réponse, celle de Comte-Sponville dans « L'esprit de l'athéisme »). De même, l'exposé de la stratégie ancienne de prédation minière (pétrolière) des États-Unis est très peu présente. Sous évalué également, le militarisme outrancier qui devait s'installer après 2001 et le risque que fait courir à l'intérieur la mise en place d'un état sécuritaire policier (torture, surveillance et fichage massif, détention illimitée sans jugement, normalisation des médias) sur les valeurs morales de l'Occident, toutes choses agissant peut-être comme causes profondes à côté des mécanismes exposés dans l'ouvrage. Mais cela reste un très bon livre même si on en n'approuve pas toutes les thèses. Lire la suite ›

5 étoiles sur 5 Excellent, prophétique et humble.
Pittdo

Le livre est brillant, sa thèse tient toujours quasiment 20 ans après. Page 38, Huntington prédit la possibilté d'une séparation de l'Ukraine en deux entités selon une ligne de partage civilisationnelle entre les Uniates et les Orthodoxes. C'est bluffant au regard de ce qui s'y passe aujourd'hui. Par ailleurs, je vous invite à lire cet ouvrage car 99% des gens qui en parlent ne l'ont jamais ouvert, surtout ceux qui le critiquent. Quant à ceux qui disent que ce livre a justifié la politique américaine des croisades de Bush Jr (Libé comme les bas-fonds complotistes internet), Huntington dit exactement l'inverse : il invite l'Occident à l'humilité et la prudence expliquant que notre Civilisation est unique mais pas universelle, donc non exportable. Et modernisation n'est pas occidentalisation car comme il le rappelle, "l'essence de l'Occident c'est le droit, pas le McDo".

4 étoiles sur 5 un bon livre ... qui surestime l'explication culturelle

l'ouvrage de huntington sur le choc des civilastions a été l'un des plus commentés ces dernières années dans le domaine des relations internationales. A juste titre car l'auteur développe une thèse originale et bien documentée : après les affrontements idéologiques (communisme contre démocratie et économie de marché), les nouvelles conflictualités sont de plus en plus centrés sur des oppositions entre groupes culturels . Et comment nier le bien fondé de cette analyse : n'y a-t-il pas eu depuis la fin de la guerre froide une recrudescence de conflits "culturels"? Conflits ethniques dans l'Afrique des grands lacs, guerres yougoslaves, terrorisme islamiste... Et son analyse des difficultés de l'Australie à intégrer la culture asiatique, ainsi que sa définition des Etats-phares de chaque civilisation sont très pertinentes.Reste qu'il me semble que huntington surestime la variable culturelle, et en fait le facteur principal des conflits à venir. Or on peut nuancer cette vision: les raisons profondes des conflits africains sont-elles vraiment ethniques? Le terrorisme d'Al Qaeda est-il la preuve d'un inévitable affrontement civilisationnel? Les causes classiques des guerres (ressources, zones d'influence, délimitation des frontières etc.) ne restent-elles pas les plus pertinentes?On peut également critiquer la délimitation, parfois surprenante, que fait l'auteur des zones civilationnelles qu'il distingue.Dans l'ensemble, il reste un ouvrage d'un grande qualité, dont on fait souvent, à tort, une analyse caricaturale. Bref, un classique indispensable pour tous ceux qui s'intéressent aux relations internationales.

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